Le présumé auteur d’une violente agression commise dans un contexte conjugal, à l’automne 2021, à Saint-Calixte, a décidé de régler ses comptes avec la justice.

Initialement accusé de tentative de meurtre, Guy Benoit, 48 ans, a plaidé coupable, le 20 janvier dernier, au palais de justice de Joliette, à des chefs de voie de fait grave, voie de fait en étouffant, suffoquant ou étranglant, menace de mort et bris de condition.

Les événements se sont déroulés dans la nuit du 19 novembre 2021. Les policiers de la SQ, du poste de la MRC de Montcalm, avaient été appelés à se rendre dans une résidence du 6e rang, vers 3 h 50 du matin, à la demande du service ambulancier.

Selon le résumé des faits lus en cour par la procureure du DPCP au dossier, Me Juliette Gauthier-Soucy, lorsque les premiers patrouilleurs sont arrivés, la victime, l’ex-conjointe de l’accusé, saignait du nez et présentait une ecchymose sous l’oeil gauche en plus d’avoir un sac de glace sur la tête. Les services d’urgence ont aussi constaté que la dame avait une lacération au sourcil gauche. Il y avait aussi des marques rouges autour de son cou, ressemblant à des formes de doigts. Elle a enfin subi une fracture de la mâchoire qui a nécessité une opération d’une durée de quatre heures dans laquelle, elle s’est fait poser des plaques et des vis.

Si les premiers éléments de l’enquête policière laissaient croire que les événements étaient survenus dans un bar, durant la soirée, la rencontre des enquêteurs avec la victime a permis d’avoir un tout autre son de cloche.

La dame, qui a dû être hospitalisée durant plusieurs jours pour soigner ses blessures, a expliqué aux policiers, dans une déclaration faite aux enquêteurs, le 1er décembre 2021, que vers 1 h 30 du matin, un conflit verbal a éclaté entre elle et M. Benoit. L’accusé souhaitait avoir une discussion sur le statut de leur relation et voulait des rapprochements avec la dame, cette dernière ne voulait pas car ils n’étaient plus en couple.

Guy Benoit a notamment poussé la victime à deux reprises. Après être tombée sur le ventre et alors qu’elle était sonnée et voyait flou, l’accusé a embarqué sur elle et l’a retourné sur son dos. Il a commencé à l’étrangler en plus de la frapper à plusieurs reprises.

Selon la dame, elle aurait alors perdu conscience, ajoutant que si elle était consciente, elle ne s’en rappelait pas. Elle s’est toutefois rappelée avoir dit à l’accusé « Arrête, sinon tu vas me tuer ».

Elle aurait par la suite perdu conscience à quelques reprises. Elle a le souvenir qu’elle se trouvait sur le divan de sa résidence et qu’elle était plus amochée qu’auparavant. Elle avait l’impression de ne plus être en mesure de bouger et sentait le sang couler sur son visage.

Selon la victime, elle et Guy Benoit ne formait plus un couple depuis juillet 2021. L’accusé était devenu très contrôlant et se servait du téléphone intelligent des enfants et de sa montre intelligente pour épier son ex. Il lui envoyait des messages textes et l’appelait constamment.

Malgré la séparation, l’accusé demeurait au domicile de la victime car il n’avait pas les moyens d’aller vivre ailleurs, tout en continuant de s’occuper des enfants. Il continuait aussi à faire des crises de jalousie malgré le fait qu’ils ne formaient plus un couple.  Lors des événements,  alors que M. Benoit étranglait sa victime, il la menaçait de tuer.

Guy Benoit a été arrêté sur place, dans la nuit du 19 novembre 2021. Il avait été remis en liberté en décembre 2021, au terme d’une enquête caution, mais avait été ré-arrêté, quelques semaines plus tard, le 4 janvier 2022, pour ne pas avoir respecté certaines conditions. Il s’est rendu faire une livraison via l’application Doordash à Lachenaie, une semaine auparavant, alors qu’il lui était interdit de se trouver dans le district judiciaire de Joliette. Il est détenu préventivement depuis.

La Couronne et la Défense, représentée par Me Serge Raby, ont demandé au juge Normand Bonin, qui est saisi du dossier, la confection d’un rapport présentenciel préparé par un agent de probation. L’accusé reviendra en cour le 19 avril pour les plaidoiries sur la peine à imposer.