À la suite du rejet vendredi, par la Chambre des communes, d’un amendement du Bloc Québécois visant à retirer aux partis politiques la subvention salariale destinée aux entreprises et aux organisations à but non lucratif en difficulté, le député de Berthier-Maskinongé, Yves Perron, a annoncé qu’il continuerait d’interpeller la bonne foi de ses homologues pour mettre fin à cette pratique, afin que l’argent soit mieux dirigé vers nos entreprises en difficulté.

C’est évident que des partis ayant accumulé 27 millions $ en dons cette année ne devraient pas toucher l’argent destiné aux entreprises en difficulté et aux organismes à but non lucratif. C’est insultant de voir des entreprises de chez nous, qui ont un urgent besoin de cette aide, la réclamer sans succès pendant que le gouvernement bénéficie du programme en question pour renflouer ces coffres » a dénoncé le député.

Ce dernier a défendu en chambre que des entreprises de la circonscription, telles qu’une auberge et une érablière, n’arrivent pas à combler leurs besoins avec l’aide apportée, ou n’ont tout simplement pas droit à la subvention. Une lettre à la ministre avait été envoyée plus tôt cette année par le député, et il était resté sans réponse. « Au dépôt de notre amendement, il y avait une belle occasion de clore ce détournement de programme. Ce n’est pas la première fois que je pose une action pour cette iniquité, et visiblement, ce ne sera pas la dernière », a renchéri Yves Perron.

Les libéraux ont affirmé avoir voté contre l’amendement seulement pour une raison de libellé à la toute dernière minute. « Je les prends au mot. Au Bloc Québécois, nous les avons déjà approchés pour convenir d’un libellé qui retire aux partis politiques l’accès à la subvention salariale », a déclaré M. Perron. Alors que le projet de loi C-9 sur l’aide fédérale aux entreprises prolongeait le programme de subvention salariale jusqu’en juin 2021, le Bloc Québécois a déposé un amendement pour que les partis politiques n’y soient plus des « entités éligibles ». Les libéraux, le NPD et le Parti vert s’y sont opposés.

Pourtant, depuis le début de l’année, les libéraux ont amassé 8,6 M$ en dons et les conservateurs, 13 M$. Quant au NPD et au Parti vert, ils ont obtenu respectivement 3,6 M$ et 2 M$ en contributions de leurs sympathisants. Les libéraux ont touché 210 000 $ par mois en subventions salariales et les conservateurs, 179 000 $. Le NPD et le Parti vert continuent de réclamer la subvention salariale pour des sommes respectivement de 66 000 $ et 75 000 $ par mois.

Tous les partis ont amplement les moyens de payer leur personnel avec l’argent de leurs donateurs. Des partis se définissant comme progressistes ne justifieront sans doute pas de prendre le pain de la bouche des entreprises en difficulté et des organismes de bienfaisance. Je ne crois pas qu’ils réclament que l’on taxe les élites et le 1 % pour remettre l’argent dans leurs propres poches. Ils auraient sûrement appuyé notre amendement si les libéraux l’avaient fait, et je présume qu’ils seront avec nous dans nos prochaines démarches », a conclu Yves Perron.