La semaine dernière, Judith Sicard, candidate de Québec solidaire dans Joliette, a visité le CHRDL en compagnie du député et docteur Amir Khadir ainsi que de plusieurs autres candidates de Québec solidaire dans Lanaudière. La santé a été au cœur des discussions avec les personnes rencontrées.

Après avoir souligné devant un groupe d’employées l’importance qu’accorde le programme de Québec solidaire aux conditions de vie générales de la population dans la prévention de la maladie, Judith Sicard a insisté sur la nécessité de renforcer le réseau de CLSC, qui devrait être le fer de lance des soins et des services de première ligne en matière de santé et de services sociaux. Le soutien à domicile constitue également un élément clé pour diminuer la pression sur les hôpitaux et les CHSLD. 

Mais les deux sujets qui ont davantage piqué la curiosité des intervenant.e.s de la santé sont l’assurance dentaire publique et universelle ainsi que l’assurance médicaments, également publique et universelle. « Il n’y a rien de surprenant pour moi dans l’intérêt qu’ont les gens pour l’assurance dentaire », a déclaré Judith Sicard. « Selon un sondage Léger, cette proposition serait la plus populaire parmi toutes les propositions faites par l’ensemble des partis. C’est logique, puisqu’on sait qu’une personne sur quatre au Québec ne va pas chez le dentiste, faute d’argent », a-t-elle poursuivi. Nous nous sommes dotés au Québec d’un système de soins de santé gratuit. Il est injuste que seul.e.s les mieux nanti.e.s puissent consulter un dentiste et s’offrir des soins dentaires. Il est absurde de constater que nous avons un système de santé public, mais que nos programmes sociaux se refusent à inclure la santé dentaire dans ce système. Pourquoi la justice sociale devrait-elle s’arrêter à l’entrée de la bouche? En sachant à quel point une mauvaise santé dentaire peut avoir un impact sur la santé en général, on comprend tout de suite qu’une assurance dentaire publique ne sera pas seulement une dépense, mais bien un investissement qui profitera à l’ensemble de la population. 

La proposition de Québec solidaire visant à mettre en place un véritable régime public et universel d’assurance médicaments est peut-être un peu moins connue, mais aussi importante. Nous avons présentement un régime bancal à mi chemin entre le public et le privé. Le régime public d’assurance médicaments couvre principalement des personnes plus à risque sur le plan de la santé (retraité.es, non-syndiqué.es à faible revenu, etc.), alors que les personnes dans la force de l’âge et actives sur le marché du travail sont principalement couvertes par des régimes d’assurances collectives privées. La création de Pharma-Québec, un pôle public d’achat groupé, de production de médicaments génériques, de recherche et d’innovation pharmaceutiques, permettra de réduire considérablement les coûts des médicaments au Québec. L’État québécois deviendra ainsi le principal client des pharmaceutiques – ou dans les faits, presque leur unique client – et négociera ses achats en bloc. Il bénéficiera donc d’un extraordinaire pouvoir de négociation, ce qui entrainera une baisse du coût des médicaments pour nous faire réaliser des économies globales de 2,5 milliards $. La chose est simple, nous achèterons nos médicaments au même prix qu’ailleurs au Canada ou dans d’autres pays qui ont un tel pôle d’achat public.  

La production de médicaments génériques, de même que les ressources investies en recherche et en innovation pharmaceutiques, permettront d’autant plus d’exercer une pression à la baisse sur les prix que nous imposent actuellement les pharmaceutiques. Notez bien qu’il n’est pas question de nationalisation de la production des médicaments dans cette opération, mais simplement d’un État qui prend ses responsabilités envers sa population en ajoutant un acteur public qui travaille pour le bien commun et qui rend du même coup beaucoup plus difficile la collusion entre les grandes entreprises pharmaceutiques.  

En tant que société, nous faisons face à un choix : continuer dans une logique de privatisation et de désengagement de l’État, ou nous doter d’un gouvernement fort et solidaire qui saura insuffler une nouvelle dose d’énergie à nos programmes sociaux. À Québec solidaire nous croyons qu’il est important de penser à demain et d’effectuer ce virage nécessaire qui implique une plus grande participation de l’État en santé. Parce que prendre soin de notre santé collective, c’est s’offrir des services de santé et des services sociaux qui permettent à tous et à toutes de vivre dans la dignité.