Le Directeur des Poursuites Criminelles et Pénales souhaite qu’un nouveau procès soit ordonné contre deux hommes acquittés du meurtre de Simon Dufresne, et dont le corps n’a jamais été retrouvé.

Au terme d’un procès devant jury, qui s’est conclu le 28 juin dernier, Jonathan Provencher, 43 ans, de Deux-Montagnes, et Alfredo Rodriguez Farinas, 31 ans, de Saint-François-du-Lac, avaient été déclarés non coupable et avaient pu quitter le palais de justice après avoir été détenus préventivement durant plus de 26 mois.

Selon le Journal de Montréal, Me Valérie Michaud, du DPCP, estime, dans son avis d’appel, «le juge de première instance a erré en droit en excluant les déclarations extrajudiciaires de l’intimé Rodriguez Farinas». En effet, le quotidien montréalais avait révélé que celui-ci avait admis aux enquêteurs des crimes contre la personne de la SQ qu’il était celui qui avait tiré sur la victime.

Or, au procès, le juge François Dadour, de la Cour supérieure, avaient rejeté ces aveux puisqu’il considérait que les policiers avaient bafoué le droit de parler à un avocat.

Lla théorie de la Couronne était à l’effet que Jonathan Provencher aurait voulu éliminer Simon Dufresne afin de se venger d’un vol 70 000 $ de cannabis et de bijoux.

C’est le témoignage d’un témoin de la Couronne lors du procès, qui a soulevé le doute raisonnable chez les membres du jury, arguant qu’un tiers suspect pourrait plutôt être l’auteur du meurtre dans cette affaire.

Dette d’argent?

Fait assez exceptionnel, ce dossier a été traité comme un meurtre durant plusieurs mois après la disparition de Simon Dufresne, et ce, malgré le fait que son corps n’ait jamais été retrouvé.

Selon ce que le Journal de Montréal avait rapporté lors de l’arrestation des suspects, en mai 2020, une dette d’argent pourrait être à l’origine de ce règlement de comptes. M. Dufresne s’était volatilisé en février 2019 mais ce n’est que trois mois plus tard que sa disparition avait été rapportée aux autorités policières.

Dufresne possède un lourd casier judiciaire. Il était notamment connu pour avoir des liens avec le crime organisé et il vendait de la drogue au moment de son décès.

Il a notamment été condamné à 52 mois de prison pour l’homicide involontaire d’Anthony Bibeau. Ce dernier, un père de famille alors âgé de 30 ans, était décédé d’hypothermie en février 2012 après avoir été abandonné dans le fossé d’une route à Sainte-Anne-des-Plaines, après une soirée où la drogue était au rendez-vous.

Nolle prosequi

Notons que les 12 et 13 juillet dernier, la Couronne a déposé un nolle prosequi contre Yvon Camirand, 52 ans, de Saint-Calixte,  Jonathan Tshinkenke, 22 ans, de Montréal et Stéphane Larouche, 49 ans, de Saint-Calixte.

Messieurs Camirand et Larouche (complicité de fait après le meurtre) et Tshinkenke (meurtre prémédité et complot pour meurtre) devaient subir un procès devant jury l’automne prochain.

Un nolle prosequi est un arrêt des procédures qui permet à la Couronne de réactiver les procédures dans les 12 prochains mois.