Pour avoir poignardé à mort une employée d’un bar, à Saint-Gabriel-de-Brandon, dans la nuit du 1er juillet 2018, un meurtrier devra passer au moins 17 ans derrière les barreaux.

Initialement accusé de meurtre prémédité et à quelques mois du début de son procès devant jury, Daniel Arsenault, 54 ans, aussi de Saint-Gabriel-de-Brandon, a coupé court au processus judiciaire et a plaidé coupable ce matin (27 octobre), à un chef réduit de meurtre au second degré sur Chloé Bellehumeur-Lemay, qui était âgée de 22 ans ainsi que d’incendie criminel.

Selon le résumé des faits présenté devant la juge Johanne St-Gelais, de la Cour supérieure, au palais de justice de Joliette, le meurtrier s’est rendu au bar 239 de l’Avenue du Parc, vers 3h du matin, le 1er juillet 2018, dans le but de commettre un vol qualifié.

Le meurtrier était alors armé d’un couteau. La victime, quant à elle, était en train de procéder à la fermeture de l’établissement licencié.

À 3h06, après Mme Bellehumeur-Lemay venait tout juste de fermer les lumières du bar, le meurtrier s’est précipité au comptoir vers la victime. Il était alors cagoulé et portait un couteau à la main.

Daniel Arsenault a alors menacé la jeune femme à la pointe de son couteau. Il l’a dirigé, par la suite, vers la salle de bain avec l’intention de la maîtriser, tout en l’a menaçant avec son couteau.

« Pendant son interaction avec Chloé Bellehumeur-Lemay, l’accusé lui inflige, avec son couteau, un coup qui lui causera une plaie au niveau du cou », a relaté le procureur de la Couronne dans ce dossier, Mer Marc-André Ledoux.

Selon le rapport médico-légal du Dr Yann Dazé, les blessures internes occasionnées par l’arme tranchante au niveau du cou étaient mortelles. Le meurtrier a par la suite refermé la porte de la salle de bain, endroit où la victime a été retrouvée dans une mare de sang.

Après l’agression mortelle, Daniel Arsenault a fouillé le bar afin de trouver de l’argent. Lors de ses recherches, il a retiré sa cagoule, c’est à ce moment qu’on voit une bonne partie de son visage. C’est grâce à cela, que les enquêteurs des Crimes contre la Personne de la Sûreté du Québec, ont pu identifier formellement le  meurtrier.

Vers 3h26, Daniel Arsenault, s’est rendu dans la cuisine du bar pour y mettre le feu dans l’intention de camoufler les gestes posés et en ressort aussitôt.

L’incendie a lourdement endommagé l’immeuble. D’ailleurs, une personne qui logeait au deuxième étage s’est réveillée à temps et a pu sortir de l’immeuble en flammes.

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Photo d’archives Jean-Marc Poulin

Appelé sur les lieux, les services d’urgence ont pu sortir le corps de la victime avant que le feu n’atteigne la salle de bain où elle se trouvait toujours. Chloé Bellehumeur-Lemay a été transporté au CHDL où son décès a été constaté.

Pour ce qui est du meurtrier, il a été arrêté quelques heures plus tard à son domicile de Saint-Gabriel-de-Brandon par le groupe tactique d’intervention de la SQ. Il est détenu préventivement depuis.

La Couronne et la Défense, représentée par Me Patrick Davis, ont fait une suggestion commune de prison à vie sans possibilité de libération avant 17 ans, à partir de l’arrestation de Daniel Arsenault, ce qui a été accepté par la juge St-Gelais.

« Avec ce plaidoyer de culpabilité, il n’y a personne dans la famille de la victime qui aura à subir un procès qui aurait duré cinq semaines.  La famille de Chloé est satisfaite d’un tel dénouement », a mentionné à sa sortie du tribunal, Me Marc-André Ledoux, de la Couronne.

« C’est évident que mon client est heureux d’avoir régler ce dossier. L’analyse de la cause a fait en sorte qu’il était préférable de négocier avec la Couronne, compte tenu de la force de la preuve et des éléments qui auraient pu mener M. Arsenault à être reconnu coupable de meurtre prémédité », a pour sa  part commenté Me Patrick Davis.

Daniel Arsenault possède de nombreux antécédents judiciaires notamment en matière de vol et d’agression armée.