Ce n’est pas avant le 16 juillet que le meurtrier Max Aubin connaîtra sa peine au palais de justice de Joliette.

Les plaidoiries sur la peine se sont terminées le 18 juin en matinée. La Couronne, représentée Me Stéphanie Arel, et la Défense, représentée par Me David Petranic, ont recommandé que l’accusé de 25 ans soit condamné à la prison à vie sans possibilité de libération avant 13 ans.

Initialement accusé de meurtre prémédité et d’harcèlement criminel, Max Aubin, à quelques semaines du début de son procès devant jury, avait plaidé coupable, le 20 décembre dernier, devant la juge Helen Di Salvo, en cour supérieure, à une accusation réduite de meurtre au second degré. Il a reconnu avoir tué Mylène Laliberté, de 62 coups de couteau, dans la soirée du 16 janvier 2017 à Saint-Lin-Laurentides.

« Il s’agit d’un crime d’une violence inouïe. M. Aubin a, depuis son jeune âge, un problème de toxicomanie et de jalousie. De plus, le rapport présententciel est défavorable », a plaidé Me Arel à la juge.

Néanmoins, les deux avocats au dossier ont suggéré cette peine, en tenant compte de son jeune âge et d’un début de prise de conscience embryonnaire.

La juge Di Salvo s’est par ailleurs longuement interrogée sur la nouvelle relation de l’accusé avec une jeune femme qui semble vulnérable et de l’utilisation d’un téléphone cellulaire, alors qu’il était en détention.

« Je comprends vraiment pas pourquoi tu as fait ça. Ma douleur empire de jour en jour. Je te déteste et je ne veux plus jamais te revoir », a lancé la sœur de Mylène Laliberté, Audrey, dans un court témoignage bouleversant.

De son côté, Max Aubin a lu une courte lettre. «  J’éprouve beaucoup de remord sur ce que j’ai fait. J’ai beaucoup de culpabilité sur la conscience », a-t-il déclaré tout en ne démontrant aucune émotion.

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Photo courtoisie. La victime, Mylène Laliberté

Rappel des faits

La victime dans cette affaire avait été retrouvée sans vie dans son logement de la Place Mario. L’accusé et la victime s’étaient fréquentés durant l’été 2016 mais avaient rompu, Aubin n’acceptait pas cette rupture.

Quelques heures avant le meurtre, Max Aubin avait consommé de la cocaïne en compagnie d’amis et décide, à un certain moment, d’aller parler à Mylène Laliberté afin de tenter de régler leurs différends en personne plutôt que par message texte. Un des amis proche de l’accusé appuie l’idée et se rendent au domicile de la victime qui n’y est pas.

Dans la même soirée, les deux personnes retournent au domicile de Mme Laliberté. Aubin a, en sa possession couteau repliable qu’il garde toujours sur lui.

Il cogne chez la victime qui entre-ouvre la porte de son domicile, la referme et constate l’état d’intoxication de l’accusé et refuse de lui ouvrir à nouveau.

Photo d’archive. Alexandre Parent-Léveillé La victime avait été retrouvée sans vie dans un logement de la Place Mario à Saint-Lin.

C’est alors qu’il défonce la porte et s’introduit dans le domicile de la victime. Une altercation verbale éclate. Il poignarde ensuite Mme Laliberté avec son couteau et avec un deuxième qu’il prend dans un bloc qui se trouve sur le comptoir de la cuisine. Au total, il a donné 62 coups de couteau sur la dame.

À la suite du drame, Aubin se serait rendu chez des amis à Saint-Roch-de-l’Achigan, où il aurait tenté de mettre fin à ses jours, en s’infligeant des blessures. Il s’était auparavant changé de vêtements en plus de se laver sommairement.

Rapidement, le décès avait été considéré comme une mort suspecte et l’enquête avait été transférée aux Crimes contre la Personne de la Sûreté du Québec. Les enquêteurs avaient aussi mis peu de temps à identifier l’accusé comme témoin important. Il avait été arrêté dans les heures suivantes et il est détenu préventivement depuis.