Le premier ministre du Québec, François Legault, a présenté cet après-midi (6 octobre), des excuses officielles à la famille et aux proches de Joyce Echaquan, décédée dans des circonstances troublantes, le 28 septembre dernier, au CHDL de Joliette, ainsi qu’à la communauté atikamekw de Manawan.

Selon le premier ministre, il ne faut pas avoir peur de le dire : le service public québécois a failli à son devoir envers Mme Echaquan. L’État québécois a le devoir d’offrir la même dignité et le même respect à chaque personne, peu importe son origine, son sexe ou la couleur de sa peau.

« Malheureusement, l’événement survenu à l’hôpital de Joliette n’est pas un cas isolé. Pendant des décennies, les peuples autochtones ont fait l’objet de discrimination par les différents paliers de gouvernement. Il continue d’y avoir, encore aujourd’hui, beaucoup d’autres actes racistes contre des personnes autochtones au Québec », a regretté le premier ministre.

Des enquêtes du coroner et du CISSS sont en cours. La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a aussi ordonné une enquête publique.

François Legault a déploré le fait qu’il existe encore trop de préjugés à l’endroit des Premières Nations. Les cas de discrimination, dans les dernières décennies et les derniers siècles, ont laissé des traces.

Pour M.Legault, la solution réside en partie dans une meilleure connaissance des réalités autochtones. Le premier ministre entend aussi travailler fort pour bâtir des relations de respect mutuel avec les communautés autochtones, entretenir un dialogue de nation à nation pour grandir ensemble comme peuples.

Le gouvernement du Québec réitère son intention de combattre concrètement la discrimination et le racisme sous toutes leurs formes, partout où ils se trouvent, d’abord en travaillant à partir des recommandations du rapport Viens, ensuite, en s’appuyant sur les conclusions du rapport que déposera cet automne le Groupe d’action contre le racisme.

« Il y a une semaine, on prenait tous connaissance des circonstances horribles dans lesquelles Mme Echaquan est décédée. L’enregistrement de ses derniers moments est difficile à supporter. Comme Québécois, ça fait mal d’entendre ça, mal de savoir qu’une chose pareille peut arriver chez nous. Je sais que les excuses et les paroles ne vont pas effacer ce qui est arrivé, mais j’espère que ça va apporter un peu de réconfort aux proches de Mme Echaquan. On ne va pas s’arrêter aux paroles. Dans les prochaines semaines, dans les prochains mois, on va surtout agir, pour que dans cinq ans, dans dix ans, on se souvienne du drame de Joyce Echaquan comme du moment où nous sommes passés à l’action collectivement », a déclaré M. Legault.