Des membres de l’APTS manifestent aujourd’hui devant le centre jeunesse de Joliette dans le cadre d’une semaine nationale d’action en protection de la jeunesse afin de dénoncer la surcharge de travail et la détresse psychologique des intervenant·e·s qui ont la mission de veiller sur les enfants du Québec.

L’APTS Lanaudière a aussi installé les mots ‘’surcharge, pénurie et épuisement à certaines artères principales des villes de Joliette, Terrebonne et Repentigny afin de sensibiliser la population lanaudoise à la détresse vécue par les membres et les impacts qui en découlent sur les enfants et leur famille.

À quelques jours du dépôt du rapport de la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse (CSDEPJ), présidée par Régine Laurent, l’APTS rappelle la nécessité d’améliorer les conditions de travail pour mettre fin à l’exode du personnel dans ce secteur crucial du réseau de la santé et des services sociaux. L’amélioration des conditions de travail à un impact direct sur la capacité des travailleuses de la protection de la jeunesse à offrir des services de qualités aux enfants et leur famille.

« La pression est devenue intenable en protection de la jeunesse et les actions concrètes se font toujours attendre. Alors que le gouvernement tergiverse pendant des mois sur les mesures à mettre en place, l’exode se poursuit et les jeunes les plus vulnérables écopent. L’heure est grave dans Lanaudière, fait valoir Kevin Newbury, président de l’exécutif APTS Lanaudière.

Pour l’APTS, que ce soit en première ligne ou en protection de la jeunesse, toute amélioration des services offerts aux enfants et aux familles nécessitera de meilleures conditions de travail pour mettre fin à cette pénurie de main-d’œuvre imposant une tension énorme au réseau.

« Les intervenant·e·s font de leur mieux pour maintenir le navire à flot, mais ça ne peut pas continuer comme ça! Y a-t-il un capitaine à bord? Le ministre Carmant lui-même reconnaît qu’il faut améliorer les conditions de travail dans ce secteur. On s’explique mal que le message ne se rende pas à sa collègue du Conseil du trésor, Sonia LeBel », dénonce monsieur Newbury.

Des solutions attendues à la table de négociation

Rappelons que l’APTS revendique une série de mesures dans le cadre des négociations pour le renouvellement des conventions collectives du secteur public, notamment l’octroi d’une prime à paliers récurrente, équivalant à 5 % du salaire des intervenant·e·s et augmentant jusqu’à 15 % pour les personnes ayant atteint l’échelon maximal, afin de conserver l’expertise dans ce secteur, en plus de cinq jours de congé supplémentaires par année pour reconnaître le caractère éprouvant du mandat qui leur est confié.

Pour l’heure, si la ministre LeBel a reconnu publiquement avoir offert une prime aux personnes salarié·e·s en protection de la jeunesse, elle a sciemment omis de mentionner qu’elle rend celle-ci conditionnelle à l’abandon de primes et de journées de congé, et qu’une portion importante de son offre est temporaire, soit 2 % sur les 3,5 % proposés. Pour les personnes salariées, cette proposition représenterait un recul plutôt qu’une amélioration de leurs conditions de travail.

« Pendant que le gouvernement négocie sur la place publique et nous propose fallacieusement de reprendre d’une main ce qu’il a offert de l’autre, il y a des familles en attente de services et des jeunes à risque de vivre un énième drame. On n’a pas le droit de laisser passer cela. Les solutions sont connues. L’exode, la surcharge de travail, la pénurie de main d’œuvre,  et la détresse psychologique, on en a assez! C’est le temps de régler en faveur des enfants et des familles du Québec », conclut Kevin Newbury.