Un résident de l’Assomption aurait tenté de tuer son ami de longue date l’été dernier à Saint-Charles-Borromée.

Pierre Steve Lévesque, 49 ans, a été accusé de tentative de meurtre par arme à feu, le 10 octobre dernier, au palais de justice de Joliette., S’il est reconnu coupable de cette infraction, il pourrait écoper d’une peine minimale de quatre ans d’incarcération en raison de l’utilisation d’une arme à feu.

Selon la preuve présentée à l’enquête sur remise en liberté, le 11 août dernier, les événements seraient survenus quelques jours auparavant, soit le 2 août 2020.

L’accusé et la victime, un homme, sont des amis de longue date, depuis une vingtaine d’années. À la mi-juin, la victime est allée s’installer sur un terrain d’une connaissance, à Saint-Charles-Borromée pour y effectuer un contrat de couper du bois. Celle-ci aurait alors invité le suspect à aller le rejoindre pour exécuter le contrat ensemble.

Le 2 août dernier, Pierre Steve Lévesque aurait souligné à la victime qu’elle avait des plaques rouges sur son corps. Quelques minutes après avoir dit ça, l’accusé s’est rendu à sa voiture et, alors que la victime était de dos, M Lévesque a tiré un coup de feu avec un fusil à plomb de calibre .12.

La victime s’est alors approchée du suspect et a pris l’arme, avant de le frapper au visage. Il aurait enlevé les cartouches de l’arme avant de la déposer plus loin sur le terrain pour que l’accusé puisse la récupérer.

Le beau-père de la victime a été témoin de l’événement. Celui-ci et la victime décident de quitter les lieux. M. Lévesque aurait pris une autre arme à feu dans son coffre d’auto et l’aurait braqué sur les deux autres hommes sans tirer car elle n’était pas chargée.

Après avoir quitté le terrain, la victime a communiqué avec M. Lévesque afin que dernier puisse s’expliquer. Ce dernier a alors répondu qu’il allait le tuer s’il le revoyait ou s’il enregistrait la conversation téléphonique.

Il a fallu attendre quelques jours avant que la victime ne porte plainte à la police soit le 5 août. Le lendemain, l’homme s’est rendu dans un centre hospitalier alors qu’une quinzaine de trous dans son dos ont été découverts.  Pierre Steve Lévesque a été arrêté la même journée à sa roulotte.

Le suspect a alors fait une déclaration incriminante aux policiers dans laquelle il a admis l’ensemble des faits. Il gardait chez lui trois armes à feu. Il a indiqué aux policiers avoir brisé le dos de la victime afin que celle-ci souffre. Il aurait voulu tirer une deuxième fois car il ne souffrait pas assez, selon M. Lévesque. L’objectif n’était de le tuer mais bien de le faire souffrir. Il garde des armes chez lui, dont une toujours chargée, pour se défendre des gens qui ne sont pas d’accord avec lui ou qui lui voudrait du mal

Pierre Steve Lévesque a déclaré qu’il était conscient de son geste mais que ce n’était pas grave. Il aurait voulu qu’il demeure handicapé. L’accusé se décrit comme étant impulsif et extrémiste.

Lors d’une perquisition réalisée dans la roulotte et le véhicule de l’accusé, en plus des armes, les policiers ont retrouvé plus de 90 munitions.

Initialement, Lévesque avait été accusé de 10 chefs d’accusation d’avoir décharger une arme à feu, d’avoir braqué une arme à feu, de menace de mort, d’agression armée, de voie de fait causant des lésions corporelles, de trois chefs de possession d’arme à feu sans être titulaire d’un permis qui l’y autorise et deux chefs d’avoir occupé un véhicule automobile où il savait que se trouvait une arme à feu.

Après avoir entendu la preuve, le juge Bruno Leclerc a ordonné sa détention jusqu’à la fin des procédures. « Les infractions reprochées sont très graves et les circonstances particulières sont troublantes », a commenté le juge en rendant sa décision.

À noter que l’accusé n’était pas représenté par avocat lors de son enquête sous cautionnement et n’a pas voulu témoigner.  Il a simplement indiqué qu’il regrettait en rien d’avoir blessé la victime. Si c’était à refaire, il le tirerait dans la tête.

Par contre, il était représenté par une procureure lorsque l’accusation de tentative de meurtre a été déposée en octobre dernier.

Pierre Steve Lévesque, qui possède quelques antécédents judiciaires, reviendra en cour le 20 novembre prochain pour la tentative de meurtre. Il a aussi renoncé à son enquête caution dans ce dossier.

Il subira aussi un procès de trois jours, dès le 2 décembre prochain, en lien avec les autres accusations.