Un joliettain de 29 ans qui a leurré des adolescentes en plus d’inciter une adolescente de moins de 16 ans à le toucher a pris le chemin du pénitencier, le 23 octobre.

Le juge François Landry s’est rangé du côté de la Couronne qui réclamait cinq et neuf mois et a condamné Keven Orr à cinq ans de détention.

« Les gestes posés par l’accusé sont sérieux. Il veut satisfaire ses fins personnelles en s’attaquant à la naïveté de jeunes adolescentes.  Sa responsabilité est totale », a commenté le juge Landry en prononçant la peine au palais de justice de Joliette,.

Orr avait plaidé coupable, le 14 janvier dernier, à quatre chefs de leurre informatique, d’incitation à des contacts sexuels, d’extorsion et de possession de pornographie juvénile.  Un rapport présentenciel et une évaluation sexologique avait été demandé par la suite à un agent de probation.

Le juge Landry a ajouté que le risque de récidive se situe au-dessus de la moyenne et que la dénonciation et la dissuasion doit primer dans l’évaluation de la peine.

La Couronne, représentée par Me Ariane Roy-Drouin, demandait entre quatre ans et cinq ans et neuf de détention.  Pour l’avocat de l’accusé, Me Alexandre Garel, une peine de deux ans de pénitencier pourrait s’appliquer dans ce dossier.

Dans sa plaidoirie, la Couronne avait énuméré de nombreux facteurs aggravants soit notamment la nature et la gravité intrinsèque des infractions, le nombre de victimes, le jeune âge, la préméditation, la durée des infractions et la fréquence, l’abus de confiance puisqu’à chaque fois l’accusé établissait une relation amoureuse, etc.

De son côté, l’avocat de Keven Orr a souligné que son client a plaidé coupable et qu’il bénéficie d’un support familial. De plus, il a exprimé des remords sincères.

Rappel des faits

Les faits se sont déroulés  à Joliette, Donnacona et Pont-Rouge, entre le 10 novembre 2015 et le 14 juin 2018. L’accusé a fait quatre victimes, tous d’âge mineur.

La première victime, qui avait moins de 16 ans, a été invitée à devenir amie avec l’accusé, par erreur, sur Facebook.  Orr a prétendu qu’il n’avait que 16 ans et a eu des échanges avec l’adolescente, entre février et mai 2018 via messenger et snapchat.

Lors d’une conversation, Keven Orr a demandé à l’adolescente de lui envoyer des photos de ses parties génitales et de ses fesses. Celle-ci refusait en prétextant  des caméras à la maison. L’accusé lui a aussi demandé de commettre des actes sexuels avec son chien.

À une autre occasion, Orr s’est fait très insistant et la victime a pris deux photos d’elle, soit une du haut de son corps et l’autre du bas de son corps. Il y a eu des conversations qui correspondent à de la production de pornographie juvénile écrite

Pour la seconde victime, l’accusé a eu une relation amoureuse virtuelle dès août 2017. Encore là, Keven Orr a donné une date de naissance laissant croire qu’il était âgé de 16 ans.

La victime et l’accusé se sont envoyé mutuellement des photos et des messages. Ils se sont aussi parlé au téléphone. Orr lui a envoyé des photos de lui en boxer, nu et en train de se masturber. Il a aussi envoyé une vidéo de lui en train de se masturber. Il lui a demandé des photos d’elle nue en échange. L’adolescente était mal à l’aise au départ, et lui a envoyé des photos en sous-vêtements. Devant son insistance,  elle lui a envoyé une demi-douzaine de photos d’elle nue et en sous-vêtements.

Lorsque celle-ci a manifesté son intention de mettre fin à leur relation, parce qu’ils se chicanaient souvent, Keven Orr l’a menacé de publier des photos d’elle  nue et en sous-vêtements. Il lui a répété 2 ou 3 fois alors qu’elle lui demandait de les effacer. Cette victime a signalé l’accusé à Cybertip.

Pour les deux autres victimes, Orr s’est masturbé en direct devant l’une d’entre elles en plus d’envoyer une photo de son pénis.

L’accusé avait été arrêté le 14 juin 2018 par les  enquêteurs spécialisés en matière d’exploitation sexuelle des enfants sur Internet de la Sûreté du Québec.  Rencontré par les policiers, il a reconnu qu’il avait un problème ajoutant être content que ceux-ci soient là.

À la suite de l’analyse de son téléphone cellulaire et d’une carte SD, les enquêteurs ont découvert 7 images et 95 vidéos de pornographie juvénile (catégorie 1). Ces images représentaient exclusivement des jeunes filles âgées entre 7 et 14 ans et les vidéos représentent des jeunes filles se masturbant ou qui s’insèrent des divers objets dans le vagin.

Il avait également 143 images et 28 vidéos de catégorie 2. Il s’agit d’images d’enfants de 10 ans et moins qui relèvent leur chandail pour montrer leurs seins non formés, des enfants qui prennent la pose en sous-vêtements ou en maillot avec le focus de parties génitales,  ainsi que certaines autres images de jeunes filles souvent en égoportrait nues mais dont l’âge sont difficilement identifiables.

Keven Orr avait été remis en liberté sous plusieurs conditions à la suite de sa comparution devant le tribunal.