Le jeudi 20 juin dernier, l’UPA de Lanaudière a tenu un point de presse visant  à  dénoncer  le  projet  d’Aérodrome  Saint-Roch-de-l’Achigan  (SRA)   anciennement nommé Corporation de l’aéroport de Mascouche – concernant la relocalisation de l’aéroport de Mascouche sur un lot situé sur le territoire de la municipalité de Saint-Roch-de-l’Achigan, en l’occurrence le lot 3 573 486.

Même si le projet est entièrement situé en zone agricole, la construction d’aérodromes relève de la juridiction fédérale en vertu de la Loi sur l’aéronautique et la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) n’a donc pas droit de regard dans ce dossier.

La Fédération de L’UPA de Lanaudière déplore le fait que le promoteur se serve de la juridiction fédérale pour empiéter sur la zone agricole. En faisant cela, il bafoue dans sa totalité le processus et les outils de planification du territoire que le Québec a mis en place pour protéger notamment le territoire et les activités agricoles.

Le promoteur ajoute l’insulte à l’injure en relocalisant son site au beau milieu d’une vaste étendue de terres en culture, pour la plupart, drainées, présentant une topographie relativement plane et des unités thermiques enviables. Dans ce secteur, impossible de mettre en doute la force avec laquelle s’impose la trame agricole. D’ailleurs, quiconque a déjà emprunté l’autoroute 25 à cette hauteur peut témoigner de cet état de fait. De surcroît, on asphaltera des terres de grande qualité, lesquelles sont cultivées depuis des décennies en cultures maraîchères et en grandes cultures.

D’ailleurs, depuis sa création, la Commission de protection du territoire et des activités agricoles (CPTAQ)  a  limité  l’intrusion  d’usages  non  agricoles  dans  ce  secteur,  reconnaissant  ainsi l’impact négatif que pourrait avoir une telle intrusion sur l’homogénéité de la communauté agricole. Dans les faits, nos prétentions sont à l’effet que le site est si mal choisi qu’une telle demande ne passerait pas l’épreuve des critères de l’article 62 de la Loi sur la protection des activités agricoles (LPTAA), critères permettant non seulement d’évaluer l’impact d’un tel projet sur les activités agricoles environnantes, mais également de sauvegarder les sols ayant un fort potentiel agricole.

« Alors qu’on se débat dans l’eau bénite pour limiter la construction de nouvelles maisons sur des superficies de 53 000 pieds carrés, on va détruire une terre de plus de  100 arpents [3 679 901 pieds carrés] sans aucune autorisation des autorités régionales et provinciales ni acceptabilité sociale, et ça c’est inadmissible !» a d’ailleurs déclaré M. Marcel Papin, président de la Fédération de l’UPA de Lanaudière.