Les responsables de services de garde (RSG) en milieu familial de la CSN annoncent la tenue d’une grève à l’échelle nationale, le 28 février prochain. Cette grève, d’une demi- journée, a été votée partout au Québec au cours des dernières semaines et fait écho à l’inquiétude partagée par les RSG de la CSN quant à la pérennité du réseau de services de garde en milieu familial.

Dans la région Lanaudière, le Syndicat des travailleuses et travailleurs de garde en milieu familial aux Portes du matin et le Syndicat des travailleuses de garde en milieu familial de Lanaudière qui représentent plus d’une centaine de membres ont voté à 94 % en faveur du déclenchement de la grève.

Interpeller le gouvernement, avertir la population

« Ce n’est jamais facile de déclencher la  grève. Ces travailleuses dévouées aux enfants et aux parents et qui ont acquis leur pleine confiance veulent lancer un message fort et unifié quant à l’avenir des services de garde. L’attitude du gouvernement fait craindre le pire et les négociations en cours ne présagent rien de positif pour la suite des choses. Ce n’est pas compliqué, on se demande si le gouvernement cherche volontairement à fragiliser  le réseau des RSG », explique Patricia Rivest, présidente du Conseil central de Lanaudière – CSN.

Fragiliser un maillon important des services à la petite enfance

Cette inquiétude se fonde sur un ensemble de constats que souhaitent partager les RSG avec la population. « Les travailleuses tiendront cette grève pour assurer que des aspects méconnus de leur réalité soient pris en considération. Par exemple, peu de gens savent que lorsqu’on tient du nombre d’heures de travail réel, soit 50, voire 55 heures par semaine, la rémunération, elle, équivaut à un taux horaire en dessous du salaire minimum », ajoute Madame Rivest.

Le ministère de la Famille répond à cette iniquité en proposant une augmentation de la rémunération de l’ordre de 6,5 % étalée sur 5 ans, soit un taux en deçà de l’inflation. « Pour un gouvernement qui fait de la famille et de l’éducation une priorité, c’est une offre qui ne couvre même pas l’augmentation du coût de la vie. Cette situation a pour conséquence d’appauvrir et de fragiliser davantage les travailleuses du secteur alors qu’elles tiennent à maintenir le même niveau de qualité dans la prestation des services », commente Madame Rivest.

En effet, le réseau se fragilise à grande vitesse alors que plus de 20 % des RSG ont quitté la profession ces dernières années. « À l’heure actuelle, ce sont près de 92 000 enfants qui sont pris en charge par le réseau. Or, nous sommes inquiètes, puisque les conditions de travail sont de moins en moins attractives, voire reculent, et le message que nous livre le gouvernement ne fait rien pour valoriser la profession et assurer la viabilité des services », estime Madame Rivest.

Le gouvernement ne peut plus esquiver la question

Les RSG ont contribué à bâtir l’offre de services de garde et contribuent quotidiennement à la prospérité économique du Québec en offrant une option de qualité aux parents, qui en retour, peuvent investir le marché de l’emploi. « Le gouvernement saisit-il bien la contribution sociale et économique des RSG? Le gouvernement reconnaît-il l’importance de ce secteur d’activité composée à 99 % de femmes? Est-ce que le gouvernement, par des offres en deçà de l’inflation ou des projets de maternelles 4 ans représentant plus d’un milliard de dollars, cherche à étouffer un réseau qui a fait grandir le Québec? C’est la question qu’on lui pose. C’est la question que l’exercice de la grève pose. Accepter les offres actuelles du gouvernement, c’est accepter de voir disparaître le réseau. Nous doutons que les parents et la population soient d’accord avec cela », affirme Patricia Rivest.

28 février : une grève nationale

Le 28 février, les RSG de la CSN n’offriront pas de services de garde entre 7 h et 12 h, et ce, partout au Québec. Dans Lanaudière les travailleuses CSN qui exerceront la grève sont rattachées aux bureaux coordonnateurs aux Portes du matin à Lavaltrie et La Chenille à Chertsey.