Photo Guy Latour

Baseball

Pour la dernière fois de sa carrière, Marc-André Thiffault a foulé un terrain de balle, le 22 septembre dernier, au parc Amyot de Saint-Paul, comme officiel.

Après 40 ans à imposer sa loi sur le losange, M. Thiffault a décidé d’accrocher ses crampons. «J’ai fait le tour du jardin. Je n’ai plus la passion ni la patience d’autrefois.  C’est maintenant le temps pour moi de passer à autre chose. », a-t-il expliqué en entrevue au Lanauweb quelques jours avant son dernier match.

Maintenant âgé de 55 ans, ce résident de Saint-Charles-Borromée aura travaillé durant plus de 3900 parties de balle molle et de balle donnée.

« J’avais 15 ans quand j’ai arbitré mon premier match. Je faisais un tour de vélo quand j’ai fait un arrêt au parc Saint-Jean-Baptiste. On m’a demandé si je voulais être arbitre ce soir-là et ça commencé comme ça », s’est remémoré le nouveau retraité. C’était le 7 mai 1978 avec Gérard Leduc »,

Après avoir suivi un premier stage de formation en 1979, Marc-André Thiffault a été appelé à faire une centaine de joutes de baseball de tout calibre durant quelques étés.  Il a aussi fait ses classes dans la défunte Ligue des 3 Fleurs, une ligue de balle féminine très populaire à cette époque

«Gérard Leduc a été la première personne qui a cru en moi au niveau de l’arbitrage. Il m’a donné ma première finale d‘un tournoi masculin quand j’avais 18 ans », a tenu à rendre homme M. Thiffault.

Au fil des années, le nouveau retraité a travaillé à de nombreuses reprises avec des officiels d’expérience comme Gilles Coderre, Gérald Bastien et Gilles Léveillé.

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Photo Guy Latour

La police a dû l’escorter du terain

Durant sa carrière, M. Thiffault a été appelé à arbitrer environ 350 tournoi de différents calibre.

Il a aussi connu la belle époque de la balle molle, avec des équipes à Berthier, Saint-Ignace-de-Loyola, Saint-Gabriel, Saint-Damien, etc.

C’est avec Yvan Perreault qu’il a développé son style bien à lui, lui qui aimait être spectaculaire sur un terrain.

« Dans les ligues majeures, mes idoles étaient Dutch Rennert, Greg Bonin et Charlie Williams. J’aimais ça qu’on m’entende lorsque j’appelais un lancer ou je rendais une décision », a-t-il expliqué.

Son match le plus mémorable a eu lieu alors qu’il était âgé de 29 ans. « C’était dans un tournoi à Rawdon. Lors d’un match, le samedi, entre Saint-Ignace et Lachute, j’ai rendu une décision contreversée en septième manche, alors que le pointage était de 2 à 2. J’ai reçu des menaces de mort et la police avait dû m’escorter à l’extérieur du terrain. Le lendemain matin, j’arbitrais la même équipe en demi-finale », s’est souvenu M.Thiffault qui était reconnu pour un officiel qui avait du front et qui adorait les matchs avec de la pression.

« Sur le terrain, j’étais une personne forte dans l’adversité mais vulnérable dans la vie de tous les jours. Mon style flamboyant servait à me protéger », a-t-il déclaré.

Son plus grand regret? Marc-André Thiffault n’hésite pas une seconde à dire qu’il a été très dur envers son frère Robert un terrain de balle « C’était tout un joueur.  Il n’a eu aucun traitement de faveur », a-t-il conclu.